La transmigration de Timothy Archer de Philip K Dick

Publié le par Eterlutisse

mosaïque sur le banc de la Corniche, à Marseille

mosaïque sur le banc de la Corniche, à Marseille

Ce livre m'est tombé dans les mains au bon moment. Je l'ai terminé hier mais il ne me quitte pas.

Il interroge profondément, intimement mon rapport au réel à un moment où justement je remets en question l'aspect "fantastique" de ma vie. Angel, l'antihéroïne, est confrontée à des problématiques voisines tout au long du roman : Faut-il céder à son besoin de croire en une "autre" interprétation du réel au risque de sombrer publiquement dans la folie ? Faut-il nier voir repousser les phénomènes qui ne cadrent pas avec ce qu'on attendrait du réel au risque de passer à côté de sa vie ? Faut-il chercher, remonter à la source pour comprendre même si aucune réponse ne sera sans doute intelligible ni éclairante au risque de détruire la "magie" ?

J'ai tendance ne pas regarder le monde de façon trop rationnelle par soucis de ne pas verser dans le contemporanéocentrisme ; j'ai essayé plein de sortes de divination. Dans le roman, Philip K Dick évoque l'astrologie et la consultation des morts. Celles que j'ai le plus pratiquées sont les runes, la bibliomancie et le yi king. Toutes ces formes de lectures du monde paraissent faire appel aux propriétés quantiques de l'information ou à cette échelle de "destin" individuel, à notre capacité à former un raisonnement de cette nature. Elles semblent permettre de prendre en photo une trajectoire à un moment précis dans une configuration d'évènements réalisés et projetés.

Angel aurait pu, on a l'impression, changer la trajectoire du "Destin" qui pour le coup est une vision du temps figé dans le marbre puisqu'aucun personnage n'échappe aux prédictions énoncées. Sans doute que c'est parce que la fin était écrite au début. Philip K Dick a conçu son histoire comme un compte à rebours ou la réalisation d'une prophétie.

Donc, je sais pas encore si je vais renoncer à la bibliomancie car c'est assez grisant d'imaginer parler avec des reflets de Philip K Dick, Katherine Mansfield, Arthur Rimbaud, Verlaine,... Mais c'est flippant d'être fou parfois 😝 .

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