Utopie non postée pour le 793 mars

Publié le par Eterlutisse

Yona Friedman

Yona Friedman

Je me souviens des mots de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy expliquant comme un bon mot que les gens de Nuit Debout n’avaient pas de cerveau car à la question : « Quel est votre programme ? », un Debout avait répondu qu’il n’en avait pas. Programme est un mot polysémique et fortement connoté. Un programme c’est ce qu’exécute un ordinateur, une machine. Un programme c’est ce que présente un homme politique ayant comme projet de poursuivre sa carrière. Il n’a aucune obligation ni morale ni contractuelle de le réaliser. Alors à quoi bon avoir un programme quand on a des alternatives.

Quand je me lève chaque matin dans cette utopie réalisée par Nuit Debout, je repense à ses mots si dys-sonnants.

Les programmes des politiques visaient tous à la relance de la croissance. Mon alternative et celle de beaucoup d’autres Debouts visaient la liberté de l’individu dans le respect des possibilités de régénération de nos territoires et par mise en réseau de l’ensemble des territoires qui mappent la Terre.

On pourrait dire que qu’à Marsalia tout est gratuit mais le sens de gratuit n’est plus le même non plus. Les Marsaillais émettent des demandes et offrent des compétences. Sur l’interface de la cité ils peuvent avoir plusieurs statuts : actif/occupé, actif/libre, libre.

Les échanges sont comptabilisés sur le compte de la cité qui accumule une richesse virtuelle lui permettant d’échanger avec les autres cités. Il y a virtuellement un revenu universel versé, il est calculé chaque mois à partir du nombre d’échanges enregistrés entre citéens et divisé par les nombre de membres de la cité, enfants et invalides compris. Il ne sert qu’à acheter des biens à l’extérieur de la cité. La monnaie locale est alors convertie en monnaie européenne. Son taux de conversion est fonction des richesses apportées aux réseaux par la cité. Elles peuvent être matérielles ou immatérielles : matières premières, innovations, productions très techniques… les échanges intercités sont nombreux.

La circulation des citéens entre cités est facilité, il suffit de s’inscrire dans un logement libre, être capable de répondre à des demandes dans la cité d’accueil pour être abonné à la communauté : recevoir les demandes et offrir ses compétences. Les logements ne font pas l’objet de loyer ou de paiement d’échéance, c’est un droit.

La cité est aussi une personne morale qui peut valider des services. Les citéens qui prennent en charge l’entretien de logements libres ou d’espaces de circulation peuvent faire valider leur service rendu par n’importe quel citéen usager proche de la zone entretenue.

Les producteurs sont en relation directe avec leurs consommateurs. Il n’y a pas de stock pas de préproduction. Les productions planifiées comme l’agriculture font l’objet d’abonnement afin que le travail ne soit pas perdu. Les filières locales sont privilégiées afin d’enrichir la communauté économique. Beaucoup de métiers ont disparu beaucoup d’autres sont nés…

Les espaces sont valorisés collectivement, tous les espaces libres sont jardinés. Chacun est fier de pouvoir valider un partage de légumes ou de fruits sur la zone qu’il s’engage à valoriser.

Nous développons le parc éolien de la ville, elles sont souvent intégrées dans le paysages comme des œuvres d’art.

Les communs sont de plus en plus nombreux dans le domaine des loisirs mais aussi dans celui de la production : ludothèques, médiathèques, cabanes de jardinier, FabLab, parcs de vélos et voitures électriques,...

La récupération, le recyclage, la réparation sont la base d’une postindustrie gourmande en main d’œuvre que l’argent n’aurait pas permis de rémunérer.

Les communautés scientifiques publient et partagent les innovations sans autre enjeux que de répondre à des besoins, leurs membres sont comme les artistes. Chaque créateur reçoit un partage qui vient enrichir sa cité à chaque fois que son texte, son, image, plan, enregistrement, … est téléchargé. Chacun est libre de produire ou d’utiliser un bien créé à partir d’un modèle qu’il a acquis par partage.

L'art est bien plus présent dans le quotidien.

Je n'ai pas changé de métier, je suis enseignante et vous ?

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