La ville rebelle

Publié le par Eterlutisse

La ville rebelle

Hier à la Friche, avait lieu une lecture débat sur le livre La ville rebelle.

Le titre avait trompé jusqu'aux intervenants, conditionnés par l'image historique de Marseille. Marseille est une ville rebelle, insoumise, libre ? Mais non, nous n'allions pas parler que de Marseille.

Ce débat faisait intervenir des architectes, universitaires et responsables de projet, marseillais ou non. Ils avaient tous l'air d'avoir exercé le pouvoir à un moment sur un projet, ils s'enthousiasmaient sur le cahier des charges des projets prenant en compte l'avis des "futurs" usagés et l'étude des milieux où vont être mis en place les équipements qu'ils conçoivent.

Je trouve normal qu'il y ait des experts décisionnaires mais ils ne sont que des prestataires. Au moment des questions le cas marseillais a semblé déstabiliser le bel édifice. Euromed est issu d'une planification menée sans éthique sociale.

Un étudiant en architecture a opposé la bonne conscience que se donnent les développeurs de projet et les politiques avec la consultation des habitants à la réalité marseillaise : la gentrification du centre ville. Certes, c'est à la ville d'avoir une volonté politique de conserver les habitants et d'aider au mélange des populations -riches pauvres pour céder au manichéisme consensuel-. Cependant c'est aussi un problème de société l'individu s'autocensure dans le monde du travail. Les experts respectent le cahier des charges, ils laissent à la ville leur esprit rebelle. C'est elle qui devra assumer car personne ne parle dans cette profession de suivi de projet ou de services après vente.

Il n'y a qu'à voir la maladresse ou la condescendance avec laquelle les experts dédouanaient les concepteurs de toute volonté d'avoir voulu participer à la gentrification du centre, avec la rue de Rome et celle de la République, emblématiques.

"Il faut accepter le changement. nous préconisent-ils. Après, ce que font les prometteurs immobilier nous n'en sommes pas responsables."

Il est vrai que Marseille, sur la gentrification, reste rebelle, cela excuserait donc l'aveuglement naïf des concepteurs de projet. J'étais repassée devant mon ancien immeuble, 62 rue de la République, il y a peu. J'en étais partie en 2004 chassée par le bruit des travaux. La façade est refaite, les fenêtres, elles, n'ont pas changé, j'imagine que les habitants non plus, s'il en reste...

Maintenant j'habite dans le 16ème, j'ai d'ailleurs dû partir avant la dernière question, pas le temps de débattre ; je voulais prendre 10 mn pour passer voir Nuit Debout sur le cours. Je suis rentrée par le dernier bus : 21h17. Parce que dans mon quartier, pour l'instant, le tram, le métro, le téléphérique -plus économique (?)- c'est juste des projets.

C'est en participant à ce genre de débat qu'on se rend compte à quel point on a besoin que les gens puissent avoir du temps à consacrer au développement de leur milieu d'habitat et d'experts pour les guider eux et pas les politiques gavés au mythe de la Croissance.

Pour développer son économie, Marseille devait développer des zones pour les touristes, pour les bureaucraties privées et réattirer des populations plus aisées en centre-ville, assumons et expliquons comment la ville va se réorganiser. Sans juste laisser à la rébellion le droit d'organiser ce qui est délaissé par le politique c'est à dire l'habitant autochtones...

La ville rebelle
La ville rebelle

Publié dans Marseille, utopie

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